DIX ÉLUS au Conseil de Paris actuellement, et peut-être aucun dimanche soir : c’est le sort que pourrait connaître le MoDem à Paris après les municipales. Car hier, la chef de file des
centristes, Marielle de Sarnez, a opposé une fin de non-recevoir à l’UMP. Après avoir, la veille, été retoquée par Bertrand Delanoë à qui elle avait proposé un accord de second tour. Or, tout
seul, compte tenu des règles électorales dans la capitale, le MoDem ne pèse plus rien malgré ses 9 % au premier tour.
Dès lundi matin, Françoise de Panafieu, leader UMP de Paris, avait contacté François Bayrou. Un rapprochement à Paris était-il envisageable ? Oui, selon le patron du MoDem
national. Non, décidait son homologue parisienne, qui annonçait dans la soirée que les candidats centristes se maintenaient dans les V e , VII e et XIV e
.
« La gauche archaïque de Delanoë »
Hier matin, un ami commun de Panafieu et de Bayrou favorisait un ultime échange entre les deux têtes de liste. « Parce qu’il y avait des convergences dans leurs programmes et qu’elle
estimait légitime que le MoDem existe au Conseil de Paris, Françoise a fait des propositions à Marielle de Sarnez », explique-t-on à l’UMP. Panafieu offrait l’opportunité au MoDem d’avoir 5
conseillers de Paris (minimum requis pour constituer un groupe) ainsi que des conseillers d’arrondissement et des postes d’adjoints dans les mairies. Mais vers 13 heures, après avoir consulté
ses têtes de liste d’arrondissement, Marielle de Sarnez a finalement préféré refuser l’offre de l’UMP.
La chef de file du MoDem ne décolère pas contre Bertrand Delanoë : « Il y a deux gauches en France : celle moderne, de Ségolène Royal, prête à l’ouverture, et celle archaïque, refermée sur les
vieux accords d’appareil, de Bertrand Delanoë. » Ce dernier a justifié son choix en estimant que le MoDem n’avait « pas été clair » avant le premier tour, mais a proposé lundi « un partenariat
après le second tour ». « Cette proposition est honteuse ! » s’étrangle Marielle de Sarnez.
Depuis la Libération, les centristes ont toujours eu des représentants à Paris. « C’est triste, c’est le résultat de cette logique folle de Bayrou »,
commente Yves Pozzo di Borgo. Ancien de l’UDF, vieux compagnon de route de Marielle de Sarnez et de François Bayrou, le sénateur de Paris a préféré rejoindre le Nouveau Centre
et s’allier à l’UMP. Il peut dès lors espérer gagner un groupe au Conseil de Paris dimanche soir. Tandis que le MoDem…
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