Nous ne partons pas de rien : Saclay, c’est déjà des grandes écoles (Polytechnique,
HEC), une université (Paris-XI), des laboratoires de recherche (CEA, CNRS) et une compétence exceptionnelle. Historiquement, le tiers des « médailles Field », c’est-à-dire le prix Nobel de
mathématiques, est issu de ce secteur. Le problème, c’est que Polytechnique ne parlait pas avec l’université de Paris-XI, le Commissariat à l’énergie atomique difficilement avec les deux
autres. Ce qui fait mal au coeur, c’est que nous avons là des potentiels qui sont considérables et qui pour l’instant n’ont pas été valorisés. A Saclay, nous aurons dans les dix ans environ 100
000 étudiants, élèves ingénieurs et chercheurs contre 35 000 aujourd’hui !
Est-ce encore un grand projet de plus ?
Encore un grand projet ? Concernant la région parisienne, on cherche en vain depuis de très nombreuses années un grand projet. Aujourd’hui, nous sommes dans une crise financière mondiale. Pour
en sortir, il faut être le mieux armé possible et il y a urgence. Ce qui tirera l’économie du XXIe siècle c’est l’innovation. Sinon la Chine et l’Inde feront toujours mieux que nous en termes
de coûts. Saclay sera un outil puissant, le coeur du réacteur d’où émergeront les start-up de demain. Il n’y a pas d’autre volontarisme que celui d’accompagner le développement. Nous avons
choisi le principe de l’opération d’intérêt national (OIN) pour aller plus vite. Ensuite, un projet de loi créant un Etablissement public de Saclay sera soumis au Parlement début 2009, avec une
unité de commandement inédite qui permettra d’articuler les différentes activités. On a déjà perdu trente ans, il n’y a plus de temps à perdre.
Qui va payer ?
Nous travaillons sur les montages financiers pour trouver les 2,5 à 3 milliards d’euros du projet. Mais je peux vous dire que l’Etat prendra sa part, importante. Dans les mois à venir, des
investissements seront ciblés pour préparer l’avenir. Nous ferons aussi appel à des financements privés français et internationaux. Un complément financier viendra enfin des collectivités
territoriales qui seront les premières bénéficiaires des retombées économiques.
Les écologistes crient déjà au bétonnage
S’il y a un projet durable qui respecte l’environnement, c’est bien celui-ci. Le secteur comprend 2 300 ha d’espaces agricoles et verts. Nous proposons de « sanctuariser » 1 800 ha de surface
agricole utile, ainsi que 300 ha de golfs, 100 ha d’étangs et 80 ha autour de l’aéroport de Toussus. En bordure du plateau, ce sont 1 000 ha boisés qui seront préservés, sans compter les 25 000
ha du parc de la vallée de Chevreuse qui constituent un écrin vert. Nous allons discuter avec les agriculteurs. Et puis quand on met en place, une plate-forme qui travaillera sur le climat,
l’énergie, les sciences de la terre, je ne vois pas ce que l’on pourrait nous reprocher.
Le conseil régional vous reproche de mettre à mal la décentralisation ?
Historiquement, le rôle de l’Etat est fort en région parisienne. Le conseil régional et l’Etat doivent trouver un accord. Le président de la région a été heurté par la décision du président de
la République de faire de Paris un territoire qui a l’ambition de rivaliser avec les autres agglomérations mondiales. Pour cela, il est nécessaire de sortir des formules traditionnelles.
Jean-Paul Huchon, avec qui j’entretiens par ailleurs des relations sympathiques, n’a pas voulu attendre et a fait voter son schéma de développement de la région en septembre, mais nous allons
proposer des éléments d’aménagement structurants qui devraient retenir l’attention de la région. Je propose que la région en accord cette fois avec l’Etat vote une nouvelle version de son Sdrif
au printemps. Lorsque nous aurons établi un projet global pour la région parisienne, nous nous attellerons à un projet de gouvernance à partir des propositions de la commission Balladur.
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